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1, 2, 3 grèves de la faim Algérie,
Mauritanie, Tunisie, Syrie…
La citoyenne algérienne Meriem Mehdi est en
train d’agoniser et de mourir lentement depuis plus de 25 jours dans
un silence total. Silence total non seulement des responsables de
son entreprise et des autorités nationales, mais aussi de la société
civile algérienne. S’il n’y avait pas eu Salah Eddine Sidhoum et
Kamel Eddine Fakhar pour nous informer, même notre Commission arabe
des droits humains aurait participé de ce silence.
Meriem a été licenciée de son travail d’une
manière injuste et aberrante le 8 novembre 2009 par British Gas (BG
Algeria), société multinationale dont le siège est à Hassi Messaoud
et elle a entamé sa grève de la faim le 10 décembre, journée
internationale des droits humains. Elle la continue à ce jour (5
janvier 2010) malgré son état alarmant. Avant de commencer son jeûne,
qui est le dernier recours pour les victimes d’injustices, Mme Mehdi
a épuisé tous les recours légaux auprès de l’Inspection du Travail,
qui a établi un procès-verbal de non-conciliation avec l’employeur.
Elle a même déposé une plainte au pénal pour licenciement abusif.
Toutes ces démarches, à en croire les journaux, ont été ignorées par
le premier responsable du secteur du « travail ». Et ce malgré la
mobilisation et le soutien du Comité national de soutien qui
regroupe des syndicalistes autonomes, des militants politiques et
des activistes des droits humains, relayés par les médias, sous
l’impulsion de jeunes journalistes engagés et courageux. Le mutisme
semble la règle de la direction de British Gas et des autorités
algériennes, censées défendre la dignité des citoyens et les droits
légitimes des travailleurs.
Ailleurs dans le Grand
Maghreb, mais cette fois-ci concernant la liberté d’enquête des
journalistes, un journaliste mauritanien vient de purger une peine
de prison de 6 mois, dont le
Comité de protection
des journalistes a dénoncé
le caractère arbitraire. Hanefi Ould Dehah, incarcéré à la prison
de Dar Naïm, dans la banlieue de la Nouakchott, a commencé une
grève de la faim le 27 décembre pour protester contre le fait qu’il
n’a pas été remis en liberté après avoir fait son temps. Normalement
libérable le 24 décembre, il a été maintenu en détention sans
jugement. Lui aussi, n’a trouvé comme seul recours contre
l’injustice que la grève de la faim.
Contrairement à
certains syndicats arabes quasi-officiels qui laissent les
journalistes combattre seuls l’arbitraire policier, le Syndicat des
journalistes mauritaniens, sous la houlette de son président
Houssein Ould Meddou, a déployé ses efforts pour obtenir la
libération de tous les emprisonnés de la parole critique et de
l’investigation osée : à notre époque, le journaliste honnête fait
peur au pouvoir, pour lequel tous les moyens sont bons pour le
priver de liberté et l’empêcher de communiquer avec les gens. Comme
le journaliste tunisien
Taoufik Ben Brik*,
qui purge actuellement une condamnation à 6 mois de prison, punition
notoire pour sa position durant l’élection présidentielle, ou encore
le journaliste syrien
Maan Aqil,
qui a fini en prison pour avoir engagé des enquêtes sur la
corruption.
Que des gens soient contraints de recourir à la grève de la faim
pour faire valoir leurs droits n’est pas seulement l’indicateur
d’une dégradation des droits et libertés, mais aussi un indice
négatif du silence de la société dite civile sur de telles atteintes,
qui ne laisse que la mise en jeu de sa propre vie pour défendre ses
droits bafoués.
AUTEUR: Haytham MANNA
08-01-2010
Traduit par Tafsut Aït Baamrane
* Taoufik Ben Brik a commencé lui-même une
grève de la faim 2 jours après la publication de l’original arabe de
cet article.
URL de cet
article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9694&lg=fr
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